Dernièrement, un cas de méningite a été signalé dans l’école de mon fils.
Chaque parent à été contacté par téléphone pour aller récupérer son enfant au plus vite.
Il nous été demandé de nous rendre immédiatement chez un médecin pour qu’il lui soit prescrit un antibiotique adapté.
Après avoir téléphoné à mes clients pour m’excuser de devoir reporter leur consultation, nous nous sommes donc rendus chez le docteur qui nous a fourni l’ordonnance.
Malheureusement, quatre pharmacies plus tard, nous n’avons pu que constater que les stocks d’antibiotiques avaient été vidés dans notre ville et dans les environs.
A l’intérieur de moi plusieurs émotions se sont fait entendre: de la colère, de la peur. Mais
le plus desagréable était vraiment ce sentiment
d'impuissance à protéger mon fils d'un danger potentiel.
Après en avoir discuté avec mon mari nous avons décidé de laisser notre fils dormir avec nous pour s’assurer qu’aucun symptôme n’apparaissait dans la nuit.
La semaine suivante, alors qu’il avait été prévu que l’ensemble de l’école soit vaccinée, seul la classe ou est scolarisé l’enfant à fait l’objet d’une vaccination.
Cette petite histoire m’a amenée à m’interroger sur ce sentiment d'impuissance à protéger ceux dont nous
sommes responsable.
A ce jour, pro et anti vaccin contre la grippe H1N1 s’opposent. Alors que finalement, seul des expertises pourraient permettre d’évaluer la dangerosité
tant de la grippe que de son vaccin, le débat semble plutôt tourner autour de notre capacité à faire confiance en nos dirigeants pour nous protéger.
« tu es pour le vaccin car tu es pro gouvernement, tu te soumets, tu suis les directives d’en haut comme un mouton sans réfléchir…tu es toujours trop
inquiet, tu es envahis par l'insécurité et la peur...tu es manipulable et manipulé"
« Tu es contre le vaccin parce que tu es contre le gouvernement, car tu ne peux pas t’empêcher de remettre en question toute forme d'autorité. Ne viens pas pleurer s’il arrive quoi que
ce soit à tes enfants alors que tu ne les a pas vacciné, ne viens pas me demander de t’aider à porter ta culpabilité si tu ne fais pas exactement ce que l’on te demande. Tu es
irresponsable ! »
« Tu n’as pas d’avis, c’est encore pire car tu es complice du pire qui puisse arriver, même si cela n’arrive jamais! Tu ne dis rien, tu ne fais rien, pourtant vacciner massivement risque de favoriser la mutation du virus entrainant la pandémie; ne pas vacciner risque de mettre en danger ton enfant, de participer à la contamination du virus... ta lâcheté est dangereuse ! »
Magnifique double lien ou quoi que je dise et que je fasse, même rien, de toute façon, j’ai tort.
A ce jour, je ne peux qu’accepter l’intention manifeste de protection du gouvernement et les moyens qui ont
étémis en oeuvre pour que la majorité des français bénéficie de la solution qu'ils proposent. Je dois même les remercier de me rappeler que l’on a tous individuellement une
responsabilité face à la contagion.
D'un autre côté, je ne peux qu'entendre les inquiétudes de certains spécialistes quant à l'utilisation de ce vaccin.
Dans les deux camps, chacun vit la colère d'être impuissant à faire accepter sa vision du probème et ses
solutions.
Il ne me reste donc comme issue que d'accepter de me confronter à ce sentiment d'impuissance à protéger ceux que j'aime. Pouvoir admettre la colère et la
peur qui m'envahissent m'aide à me desengager du conflit interieur.
Pouvoir l'exprimer me recentre sur ce qui est important pour moi et me permet de me reconnecter aux solutions qui sont les miennes. Quand je cuisine des légumes frais, que je sors
avec les enfants m'oxygéner en forêt, je contribue, à ma manière à renforcer leur système immunitaire.
Je peux ainsi rester fidèle à moi même, évitant au moins d'amplifier la culpabilité ambiante par celle de me mettre en desaccords avec moi même.
Je crois qu'il s'agit aussi d'apprendre à être tolérante envers mon entourage durant ces petits moments de la vie quotidienne ou je me sent impuissante à les protéger , à les soulager de leurs
souffrances, à les soutenir dans le changement. La colère que j'exprime à ne pas réussir à protéger l'autre ne sert qu'à renforcer en lui la croyance qu'il ne peut pas y arriver. Ce n'est
pas en exprimant ma colère que je vais les soutenir pour qu'il réussisent à s'aider eux même.
Mais pour arriver à cela, il me semble que cela passe d'abord par une nécessaire bienveillance vis à vis de soi même.
Lorsque l'on y arrive pas, n'avons nous pas tendance à immédiatement nous juger , nous faire des reproches? Est il si simple d'avoir un dialogue interieur positif et tolérant?
Finalement, le plus important ne serait il pas de faire simplement du mieux que nous pouvons
pour reconnaitre et accepter ce sentiment d’impuissance à protéger ceux que nous aimons afin de réussir à rester à leur côté lorsqu'ils experimentent leurs propres
ressources de protection.